Situation monétaire 2023
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Situation monétaire
La situation monétaire d’un pays englobe divers aspects de son économie liés à sa monnaie, sa balance des paiements, ses taux de change, ses réserves de devises et son système bancaire. Surveiller cette situation est essentiel, car elle peut influencer les décisions d’investissement, les échanges commerciaux et les transactions internationales.
En Algérie, la situation monétaire revêt une importance particulière. Le pays dépend fortement des exportations de pétrole et de gaz pour ses revenus. Ces dernières années, l’Algérie a fait face à une baisse des prix de l’énergie et à une inflation élevée. Il est donc crucial de suivre de près l’évolution de ces indicateurs monétaires pour comprendre l’état de l’économie algérienne.
La politique monétaire en Algérie est gérée par la Banque d’Algérie. Celle-ci doit équilibrer les objectifs de stabilité des prix, de croissance économique et de stabilité financière. Elle doit également tenir compte du contexte international, des taux de change et des pressions inflationnistes. La situation monétaire en Algérie est un enjeu majeur pour l’économie du pays, et les autorités doivent prendre des mesures appropriées pour maintenir la stabilité et favoriser la croissance économique.
Situation monétaire en Algérie en 2023
Ce rapport présente l’évolution des principaux indicateurs économiques, monétaires et financiers de l’Algérie en 2023, ainsi que les mesures prises par la Banque d’Algérie. Il met en lumière les résultats en matière de politique monétaire, de supervision bancaire et de stabilité financière, dans le contexte des évolutions économiques mondiales.
Contexte mondial :
En 2023, l’inflation mondiale a nettement reculé, passant de 8,9 % en 2022 à 6,2 % en 2023, grâce à la baisse des prix de l’énergie, la stabilisation des prix alimentaires, le durcissement des politiques monétaires et la normalisation des chaînes d’approvisionnement. Ce recul a été plus marqué dans les économies avancées que dans les économies émergentes et en développement. Cependant, l’inflation reste élevée dans certaines régions comme le Moyen-Orient, l’Asie Centrale, l’Amérique Latine et l’Afrique Sub-Saharienne.
La croissance économique mondiale a également ralenti, avec un taux de croissance du PIB de 3,2 % en 2023 contre 3,5 % en 2022. Ce ralentissement a principalement touché les économies avancées, tandis que les économies émergentes et en développement ont connu une croissance soutenue.
Situation en Algérie :
Après une récession en 2020, l’économie algérienne a enregistré des taux de croissance positifs en 2021, 2022 et 2023, atteignant 4,1 % en 2023. Cette croissance est principalement due au secteur des industries extractives et de la construction. L’inflation a également diminué, passant de 9,29 % en 2022 à 7,84 % en 2023.
La Banque d’Algérie a maintenu son taux directeur à 3 % pour soutenir la croissance économique post-Covid. Elle a également apprécié le taux de change du dinar et augmenté le taux de réserve obligatoire pour contrôler l’inflation. La masse monétaire a augmenté de 5,95 % en 2023, soutenue par la croissance des crédits à l’économie et des avoirs extérieurs nets.
Finances publiques et balance des paiements :
Le déficit budgétaire de l’Algérie a plus que doublé en 2023, atteignant 1 003,48 milliards de dinars, en raison d’une augmentation des dépenses budgétaires plus rapide que celle des recettes. Malgré cela, l’économie nationale a enregistré des performances positives, avec un excédent de la balance des paiements pour la deuxième année consécutive et une accumulation accrue des réserves de change.
Chiffres clefs
Balance des paiements

La balance des paiements est un document comptable qui résume les transactions économiques d’un pays avec le reste du monde sur une période donnée. Elle est essentielle car elle reflète la santé économique d’une nation, indiquant sa capacité à financer ses importations de biens et services et sa position dans l’économie mondiale.
En Algérie, la balance des paiements est un indicateur clé de la stabilité économique. Elle permet de surveiller et d’analyser les flux financiers internationaux et d’évaluer l’efficacité des politiques économiques. Un solde positif, ou excédent, signifie que le pays a vendu plus à l’étranger qu’il n’a acheté, ce qui peut conduire à une accumulation de réserves de change.
La balance des paiements se compose principalement de deux comptes :
Le compte courant, qui inclut le commerce de biens et services, les revenus des investissements et les transferts unilatéraux.
Le compte financier, qui enregistre les investissements directs et de portefeuille, ainsi que d’autres investissements financiers.
La surveillance attentive de la balance des paiements est cruciale pour guider la politique économique en Algérie. Elle permet aux autorités de prendre des mesures appropriées pour maintenir la stabilité économique et financière du pays. Par exemple, si l’Algérie connaît un déficit commercial, des ajustements peuvent être nécessaires pour équilibrer les flux monétaires et prévenir d’éventuelles crises
En 2023, l’Algérie a enregistré un excédent de la balance des paiements pour la deuxième année consécutive, après huit années de déficits. Cette amélioration est principalement attribuée à une réduction notable de l’excédent commercial, qui a diminué de 14,246 milliards de dollars, ainsi qu’à une augmentation des déficits dans les secteurs des services et du capital. Les exportations de biens ont diminué de 15,5 %, principalement en raison de la baisse des exportations d’hydrocarbures, tandis que les importations de biens ont augmenté de 10,5 %. Les exportations hors hydrocarbures ont également baissé de 15,4 %. Bien que les quantités exportées aient légèrement augmenté, la baisse des prix mondiaux du pétrole et du gaz a eu un impact significatif sur les revenus.
Compte des transactions courantes et de capital
En 2023, l’Algérie a enregistré un excédent de 5,524 milliards de dollars pour son compte des transactions courantes et du capital, soit quatre fois moins qu’en 2022, où l’excédent était de 19,451 milliards de dollars. Cette baisse s’explique par plusieurs facteurs clés.
Tout d’abord, l’excédent de la balance commerciale a fortement diminué, passant de 26,958 milliards de dollars en 2022 à 12,713 milliards de dollars en 2023. Cette réduction est due à une baisse des exportations de biens de 15,5 %, principalement des hydrocarbures, et à une augmentation des importations de 10,5 %.
Ensuite, les déficits des services et du compte de capital se sont aggravés. Le déficit des services a augmenté de 502 millions de dollars, tandis que celui du compte de capital a augmenté de 453 millions de dollars. Bien que les exportations de services aient progressé, elles n’ont pas suffi à compenser la hausse des importations de services.
Enfin, l’excédent des revenus secondaires a diminué de 214 millions de dollars, contribuant également à la baisse globale de l’excédent.
En résumé, bien que l’Algérie ait encore un excédent de la balance des paiements, celui-ci est nettement inférieur à celui de l’année précédente en raison de la baisse des exportations d’hydrocarbures et de l’augmentation des importations et des déficits des services et du compte de capital.
Compte Financier
Le solde du compte des opérations financières de l’Algérie a connu une nette amélioration, passant d’un déficit à un excédent de 1,861 milliard de dollars. En 2023, le solde des investissements directs nets a atteint 1,13 milliard de dollars, contre 183 millions de dollars en 2022.
Cette performance est attribuée à l’augmentation des flux nets des investissements directs (+946 millions de dollars) et des crédits commerciaux (+2,615 milliards de dollars). Les flux entrants des investissements directs étrangers ont atteint 1,216 milliard de dollars en 2023, contre 254 millions de dollars en 2022, malgré un désinvestissement majeur dans le secteur des télécommunications en 2022.
Les secteurs des industries extractives, manufacturières et de la construction ont bénéficié de ces investissements, avec des flux respectifs de 829 millions, 133 millions et 74 millions de dollars. Par ailleurs, les flux sortants des investissements directs algériens à l’étranger se sont stabilisés, passant de 71 millions de dollars en 2022 à 84 millions de dollars en 2023.
Le poste des crédits commerciaux a également enregistré une amélioration, avec des entrées nettes de 1,631 milliard de dollars en 2023, contre des sorties nettes de 1,433 milliard de dollars en 2022. Cette évolution est liée aux délais de paiements accordés par les fournisseurs non-résidents et l’entreprise nationale des hydrocarbures à leurs clients respectifs.
Position extérieur globale
Suite au choc pétrolier de 2013 et aux importants déficits de la balance des paiements entre 2014 et 2021, les réserves de change de l’Algérie ont chuté de près de 77 %, passant de 194,01 milliards de dollars fin 2013 à seulement 45,30 milliards de dollars fin 2021. Cependant, grâce à un excédent de la balance des paiements de 18,468 milliards de dollars en 2022 et de 6,347 milliards de dollars en 2023, les réserves de change ont été reconstituées, atteignant 68,988 milliards de dollars fin 2023.
En termes de mois d’importation, ces réserves représentent 16,1 mois à fin 2023, contre 15,7 mois à fin 2022, bien au-dessus des standards internationaux. Cette solidité est également reflétée par la stabilité de la dette extérieure globale de l’Algérie, qui s’élève à 3,186 milliards de dollars fin 2023, soit environ 1 % du PIB.
La dette extérieure à moyen et long termes a légèrement diminué, atteignant 1,273 milliard de dollars fin 2023, principalement en raison de remboursements de 173 millions de dollars et de mobilisations de 137 millions de dollars. La dette publique prédomine avec un encours de 991 millions de dollars, tandis que la dette privée s’élève à 282 millions de dollars.
La dette extérieure à court terme a augmenté de 169 millions de dollars, atteignant 1,913 milliard de dollars fin 2023, principalement en raison de remboursements de 3,205 milliards de dollars et de mobilisations de 3,351 milliards de dollars. La majorité de cette dette est libellée en dollar américain (58 %) et en euro (41 %).
Ces évolutions témoignent de la résilience de l’économie algérienne face aux chocs externes et de la bonne soutenabilité de sa dette extérieure.
Evolution des réserves de change 2000 -2023
Taux de change
L’année 2023 a été marquée par des événements majeurs qui continueront d’influencer les marchés des changes. Entre incertitudes économiques, changements de politiques et tensions géopolitiques, le monde du trading a connu des bouleversements significatifs.
Au début de 2023, l’instabilité économique persistait après deux années d’inflation élevée en Europe et en Amérique du Nord, créant un environnement de marché volatil. Les traders ont dû naviguer entre des mouvements de prix imprévisibles et des taux de change fluctuants.
L’un des événements les plus marquants a été le resserrement des taux par la Banque centrale européenne (BCE), qui a signalé une hausse possible des taux en réponse aux pressions inflationnistes. Cette position a renforcé l’euro, influençant les stratégies commerciales et modifiant le sentiment des investisseurs.
En 2023, le dollar américain s’est déprécié face aux principales monnaies européennes (EUR, GBP, CHF) mais s’est apprécié face aux principales monnaies asiatiques (CNY, JPY). Le dinar algérien, quant à lui, a bénéficié des excédents du compte courant et de l’amélioration du solde global du Trésor, permettant à la Banque d’Algérie d’apprécier les taux de change nominaux du dinar vis-à-vis des monnaies des partenaires commerciaux.
Cette appréciation du dinar a contribué à atténuer l’effet de l’inflation importée. En 2023, le dinar s’est apprécié de 4,5 % face au dollar américain et de 10,2 % face au yuan chinois, après des dépréciations en 2022. Il a également continué de s’apprécier face à l’euro, au yen japonais et à la livre sterling pour la seconde année consécutive.
Ces évolutions témoignent de la résilience des marchés des changes face aux défis économiques et géopolitiques.
Evolution mensuelle du cours du dinar algérien
Politique Monétaire

En général, la politique monétaire peut être expansionniste ou restrictive. L’expansion monétaire vise à augmenter l’offre de monnaie pour stimuler l’activité économique et la croissance. Cela peut se faire en abaissant les taux d’intérêt, en augmentant la masse monétaire ou en encourageant les prêts bancaires. En revanche, une politique monétaire restrictive vise à ralentir l’activité économique pour éviter l’inflation, en réduisant la masse monétaire et en augmentant les taux d’intérêt.
Dans le contexte algérien, la Banque d’Algérie est l’institution monétaire nationale chargée de mettre en œuvre la politique monétaire. Son objectif est de maintenir la stabilité financière du pays en veillant à ce que l’offre de monnaie réponde aux besoins de l’économie, tout en évitant l’inflation et en stabilisant le taux de change de la monnaie nationale.
Ces dernières années, la politique monétaire algérienne a dû relever des défis tels que la chute des prix du pétrole, principale source de revenus du pays. Pour y faire face, la Banque d’Algérie a pris plusieurs mesures, notamment en augmentant les taux d’intérêt et en limitant la croissance de la masse monétaire pour prévenir l’inflation. Parallèlement, des réformes structurelles ont été lancées pour diversifier l’économie et réduire la dépendance aux exportations de pétrole
Politique monétaire en 2023
Malgré les tensions géopolitiques persistantes et les perturbations sur le marché des hydrocarbures, l’économie algérienne a affiché des performances globalement appréciables en 2023, notamment en termes d’exportations et de revenus de l’État. Cette évolution économique, soutenue par l’amélioration des conditions du commerce international, a contribué à atténuer les pressions inflationnistes vers la fin de l’année 2023.
Maîtrise de l’inflation : un défi majeur pour la Banque d’Algérie
En dépit des perspectives positives en matière de croissance et de position extérieure globale, la maîtrise de l’inflation reste la préoccupation majeure de la Banque d’Algérie. Pour ce faire, elle utilise de manière cohérente et calibrée différents instruments conformément à la Loi monétaire et bancaire.
Réformes légales et modernisation de la Banque d’Algérie
Le processus de réformes du cadre légal régissant les missions de la Banque d’Algérie a été amorcé avec la promulgation de la nouvelle loi monétaire et bancaire en juin 2023. Cette loi vise à moderniser les missions et la gouvernance de la banque centrale ainsi que son cadre de politique monétaire. Elle permet également d’élargir l’utilisation des instruments de politique monétaire pour les adapter aux spécificités de la finance islamique et de la finance verte.
Stabilité financière et soutien aux banques
Pour préserver la stabilité financière, la nouvelle loi permet à la Banque d’Algérie d’apporter de la liquidité d’urgence à une banque solvable confrontée à un problème temporaire de liquidité.
Conduite de la politique monétaire face à l’inflation importée
Face à une inflation essentiellement importée, la Banque d’Algérie a maintenu son taux directeur inchangé à 3%, l’un des plus bas de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, pour favoriser la croissance économique post-Covid. Elle a également utilisé la politique de change et des instruments monétaires ciblant directement la liquidité potentiellement inflationniste.
Performances remarquables de la balance des paiements
Les excédents de la balance des paiements enregistrés en 2022 et 2023 ont permis de reconstituer des réserves de change importantes, offrant un buffer face aux chocs externes. L’Algérie, faiblement exposée aux variations des taux d’intérêt internationaux grâce à son faible niveau de dette extérieure, a pu apprécier le dinar par rapport aux monnaies des partenaires commerciaux, atténuant ainsi l’effet de l’inflation importée.
Mesures supplémentaires pour contrôler la liquidité
En avril 2023, la Banque d’Algérie a augmenté le taux de réserve obligatoire de 1% pour le porter à 3% et a renforcé les reprises de liquidité bilatérales à 600 milliards de dinars. Ces mesures visaient à contrôler l’excès de liquidité tout en permettant le financement de l’économie nationale sans coûts supplémentaires.
Programme Spécial de Refinancement (PSR)
Le Programme Spécial de Refinancement, mis en place en 2021 pour un montant plafond de 2 100 milliards de dinars, a consisté en des opérations de cession temporaire de liquidités. À fin 2023, le PSR affichait un encours de 1 628 milliards de dinars, suite à des remboursements anticipés par les banques.
Evolution de la situation monétaire 2023
À la fin de l’année 2023, la masse monétaire en Algérie, mesurée par l’agrégat M2, a enregistré une croissance de 6,0 %, passant de 22 964,47 milliards de dinars à la fin de 2022 à 24 330,82 milliards de dinars. Cette augmentation est principalement due à une hausse de 68,7 % de l’agrégat M1, qui a connu une croissance de 6,1 % en 2023, bien inférieure à celle de 13,2 % en 2022. L’agrégat M1 a ainsi augmenté de 939,24 milliards de dinars, atteignant 16 318,78 milliards de dinars à la fin de 2023. Parallèlement, la quasi-monnaie a progressé de 5,6 %, atteignant 8 012,03 milliards de dinars contre 7 584,93 milliards de dinars à la fin de l’année précédente.
Croissance de la masse monétaire hors hydrocarbures
Hors dépôts de l’entreprise nationale des hydrocarbures, la masse monétaire M2 a augmenté de 7,2 % en 2023, contre une croissance de 11,0 % en 2022, passant de 21 103,45 milliards de dinars à 22 620,97 milliards de dinars. La croissance de l’agrégat M1 en 2023 est principalement due à une augmentation de la circulation fiduciaire hors banques, qui a affiché un taux de croissance de 8,6 % en 2023 contre 10,1 % en 2022, atteignant 8 030,76 milliards de dinars à la fin de 2023.
Contribution des dépôts et défis pour l’inclusion financière
Malgré une croissance moins importante que l’année précédente, la circulation fiduciaire hors banques a contribué à hauteur de 46,7 % à la croissance de la masse monétaire, représentant 34 % du total de M2. Cela pose un défi majeur pour l’inclusion financière en Algérie. Plusieurs chantiers visant à introduire des moyens de paiement modernes étaient en phase de finalisation à la fin de 2023. Les dépôts auprès des CCP ont également contribué de manière significative à l’augmentation de la masse monétaire M2, avec une croissance de 16,4 % en 2023.
Dépôts auprès du Trésor et des banques
Les dépôts auprès du Trésor ont augmenté de 52,6 % en 2023, atteignant 556,76 milliards de dinars, après une baisse de 8,5 % en 2022. Cette croissance a contribué à hauteur de 14,0 % à la croissance de M2. En revanche, les dépôts à vue auprès des banques ont diminué de 1,8 % en 2023, passant de 6 273,91 milliards de dinars en 2022 à 6 161,97 milliards de dinars en 2023. La baisse des dépôts de la société nationale des hydrocarbures, due au recul des prix sur les marchés internationaux, a également contribué à cette diminution.
Dépôts à terme et contreparties de la masse monétaire
Les dépôts à terme ont progressé de 5,6 % en 2023, atteignant 8 012,03 milliards de dinars, bien que cette croissance soit inférieure à celle de 17,4 % enregistrée en 2022. Ils constituent le deuxième facteur soutenant la croissance de la masse monétaire avec un taux de contribution de 31,3 %. L’analyse des contreparties de la masse monétaire montre que sa croissance en 2023 résulte principalement d’une augmentation des avoirs extérieurs nets, qui ont contribué à hauteur de 56,9 %.
Crédits à l’économie et à l’État
Les crédits à l’économie ont également contribué à l’accroissement de la masse monétaire, avec une croissance de 5,8 % en 2023, comparée à 3,3 % en 2022. Ils sont passés de 10 115,24 milliards de dinars en 2022 à 10 697,86 milliards de dinars en 2023. Cette expansion du crédit, majoritairement destinée au secteur privé, devrait favoriser la diversification de l’économie et stimuler la demande. Les crédits nets à l’État ont augmenté de 2,0 %, atteignant 13 298,17 milliards de dinars à la fin de 2023.
Perspectives et défis pour l’avenir
Bien que les prix des hydrocarbures soient restés inférieurs à leur niveau de l’année précédente, ils ont permis à l’Algérie d’accumuler davantage de réserves en 2023. Les avoirs extérieurs nets ont ainsi augmenté de 9,0 %, atteignant 9 427,28 milliards de dinars. Les crédits à l’économie ont également contribué à la croissance de la masse monétaire, avec une expansion de 5,8 % en 2023. Cette dynamique devrait soutenir le processus de diversification économique et stimuler la croissance à travers l’encouragement de l’investissement et la demande des ménages.

La masse monétaire (M1)
En 2023, la masse monétaire M1 en Algérie a enregistré une croissance de 6,1 %, passant de 15 379,54 milliards de dinars à la fin de 2022 à 16 318,78 milliards de dinars à la fin de 2023. Cette augmentation est principalement due à une hausse de la circulation fiduciaire hors banques, qui a affiché un taux de croissance de 8,6 % en 2023. Malgré une croissance moins importante que l’année précédente, la circulation fiduciaire hors banques a contribué à hauteur de 46,7 % à la croissance de la masse monétaire M1, représentant 34 % du total de M2. Les dépôts auprès des CCP ont également joué un rôle significatif, avec une croissance de 16,4 % en 2023.
Agrégat (M2)
Structure de la masse monétaire


Liquidité bancaire
En 2023, la liquidité bancaire en Algérie a connu une baisse significative de 21,1 %, atteignant 1 551,45 milliards de dinars à la fin de l’année, contre 1 966,41 milliards de dinars en 2022. Cette diminution est attribuée à plusieurs facteurs, notamment le recul des exportations d’hydrocarbures, la fin des dispositifs d’allégement mis en place durant la crise sanitaire, et les mesures de politique monétaire telles que l’augmentation du taux de la réserve obligatoire.
Le marché interbancaire a également été impacté, avec un montant cumulé des opérations à 24 heures et à terme de 206,10 milliards de dinars en 2023, en baisse de 23,0 % par rapport aux 267,68 milliards de dinars en 2022. Il est notable que 84 % des opérations ont été réalisées dans le segment à terme. Le taux d’intérêt global sur le marché interbancaire s’est établi à 2,53 % en décembre 2023, contre 2,69 % en décembre 2022.
En ce qui concerne le marché des titres de créances négociables, l’encours des émissions des valeurs d’État par voie d’adjudication a augmenté de 29,2 % en 2023, atteignant 4 351,31 milliards de dinars, bien que cette croissance soit inférieure à celle des deux années précédentes. Les taux de rendement des différents types de titres de l’État ont légèrement varié, avec des taux inchangés pour les bons du Trésor à court terme et des taux compris entre 4,36 % et 6,65 % pour les bons et obligations de Trésor assimilables.
La structure de l’encours total des titres du Trésor a également évolué en 2023. Les titres à court terme ont vu leur part diminuer de 6,51 % en 2022 à 3,15 % en 2023. Les bons de Trésor assimilables (BTA) ont représenté 73,34 % des titres adjugés en 2023, contre 74,76 % en 2022, avec une baisse notable des BTA à un et trois ans, et une hausse des BTA à deux et cinq ans. La part des obligations de Trésor assimilables (OAT) a augmenté, passant de 18,7 % en 2022 à 23,4 % en 2023, principalement en raison de la croissance des OAT à sept et quinze ans.
Intermédiation et infrastructures bancaire

L’intermédiation bancaire joue un rôle crucial dans le dynamisme économique en permettant aux institutions financières de recueillir les dépôts des clients pour ensuite les redistribuer sous forme de prêts. Ce processus est fondamental pour une allocation efficace des ressources financières, stimulant par conséquent la croissance économique.
Les infrastructures sur lesquelles repose ce système d’intermédiation sont variées et complexes. Elles incluent le système de paiement, essentiel pour les transactions quotidiennes, les marchés financiers qui facilitent l’échange de titres financiers, les chambres de compensation qui assurent la liquidation des transactions, les systèmes de cotation qui évaluent les actifs financiers, et la réglementation bancaire, qui vise à maintenir la stabilité et la confiance dans le secteur financier.
En Algérie, le secteur bancaire a connu une évolution notable ces dernières années grâce à des réformes et à une modernisation accrue. Toutefois, le pays fait face à des défis persistants en termes d’inclusion financière, avec une partie importante de la population encore peu ou pas bancarisée. De plus, la diversification des sources de financement reste un enjeu majeur, l’économie algérienne étant fortement dépendante de quelques secteurs clés comme les hydrocarbures. Ces défis nécessitent des réponses politiques et des innovations financières pour améliorer l’accès aux services bancaires et élargir les options de financement disponibles pour les entreprises et les particuliers.
Bancarisation en 2023 : agences
À la fin de l’année 2023, le système bancaire algérien se compose de 28 banques et établissements financiers, tous basés à Alger. Parmi ces institutions, douze banques offrent des produits et services de finance islamique, dont six banques publiques et six banques privées, avec deux spécialisées exclusivement dans la finance islamique.
Le réseau bancaire algérien compte 1 649 agences, réparties entre 1 249 agences publiques et 400 agences privées. En 2023, 89 agences étaient dédiées à la finance islamique, contre 75 en 2022. Les banques publiques totalisent 18 agences de finance islamique, tandis que les banques privées en comptent 71, dont 58 pour les deux banques spécialisées.
Le nombre d’agences des établissements financiers a légèrement augmenté, passant de 96 en 2022 à 97 en 2023. Au total, les banques et établissements financiers comptent 1 746 agences, traduisant une densité d’une agence pour 26 690 habitants en 2023, contre 26 628 en 2022. Le ratio population active/guichets bancaires s’est amélioré, avec un guichet pour 8 141 personnes en âge de travailler, contre 8 238 en 2022.
Les centres des chèques postaux disposent de 4 209 agences à travers le pays, soit un établissement postal pour 3 189 personnes actives. En combinant les agences bancaires et postales, le total s’élève à 5 858 agences, avec un ratio population active/agences de 2 291 personnes en 2023, contre 2 319 en 2022.
Le nombre de comptes bancaires actifs en dinars a augmenté de 6,57 %, atteignant 12 818 657 comptes en 2023, contre 12 028 816 en 2022. Les personnes morales représentent 5 % de ces comptes, tandis que les personnes physiques en représentent 95 %. Les comptes bancaires actifs en devises ont également augmenté de 5,96 %, atteignant 4 673 292 comptes en 2023. Les personnes morales ne représentent que 0,73 % de ces comptes, tandis que les personnes physiques en représentent plus de 99 %.
Le niveau de bancarisation, mesuré par le nombre de comptes ouverts par les banques et les centres des chèques postaux, a légèrement progressé en 2023, atteignant 3,41 comptes par personne en âge de travailler, contre 3,26 en 2022.

